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Ernest Pépin

14 avril 2008

Aimé Césaire

Il gémissait en tirant sur ses chaînes
Il habitait encore un cauchemar de bateau négrier
Il semait les graines d'un voyage sans retour
Personne ne le voyait
Une trompette de jazz incendiait ses mains noires
Un volcan lui tendait une fleur de corail rouge
Ses mots lapidés saignaient
Sa poésie allumait un gâteau de lucioles
Conjurait des épouvantails
Rongeait un songe de pays natal
Sa poésie demandait raison aux livres de bord
Illuminait l'Afrique
Tournait folle dans la toupie des îles
Et la nuit soutenait son regard de royaume dispersé
Debout dans sa peau
Seul au bout de sa nuit
Il déclamait un poème d'îles froissées
effeuillait un calendrier lagunaire
et de blessure sacrée
Au bout du petit matin
Inconsolable
il accouchait d'un continent perdu
Au bout du petit matin
il criait
Nègreje suis! Nègre je resterai



Posté par Ernest Pépin à 13:44  -  Littérature Antillaise  -  Commentaires [0]  -  Lien permanent [#]

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